Vers Bruxelles

Jan Vermeire vers Bruxelles

Jan Vermeire vers Bruxelles

Un beau jour, de commun accord avec mon épouse, que j’avais pu rejoindre dans la foi et la prière, j’ai bouclé ma valise et regagné Bruxelles; dans le quartier des Marolles, j’ai pu séjourner rue des Tanneurs, chez les Pères Capucins. Des mois durant, j’ai silloné le quartier, sonnant aux portes, parlant aux gens, découvrant une misère insoupçonnée. – Une petite vieille de plus de quatre-vingt ans, disposant d’une chambrette au quatrième étage d’une courée; ni eau, ni gaz, ni électricité; grelottante de fièvre, elle était obligée, l’hiver, de descendre dans la cour pour gagner les toilettes … – Ou cette autre qui ‘voyait le ciel’, au sens littéral du mot, lorsqu’elle était au lit : le toit de la maison était éventré. Un soir, j’ai vu un homme mourir de misère, à la rue. Personne n’intervenait.

Ma décision fut bientôt prise : dans ce quartier, il fallait mettre une nourriture valable et bon marché à la disposition de tous. Les gens devraient pouvoir venir se réchauffer, se retrouver dans un ambiance différente de celle qu’ils trouvaient ailleurs. C’est ainsi qu’en 1978 le Poverello fut érigé avec la collaboration d’autres bénévoles; ce qui donna en un premier temps la soupe, le café et les tartines à 5 F, puis l’ouverture des salles

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