N’y-a-t-il pas de profiteurs ?

Normalement chacun paie son repas ou son hébergement.  Si quelqu’un ne peut pas payer, nous ne lui refuserons pas un repas ou un hébergement, mais nous notons toutefois son nom.  Si cette personne revient souvent sans pouvoir payer, nous essayons d’en savoir un peu plus sur sa situation.  Une réponse fréquente est : “je viens de déménager”, ou “mon chèque n’est pas encore arrivé”, ou “je sors de l’hôpital”, ou “j’ai été volé”…  Dans ces cas nous invitons la personne en question à faire les démarches auprès des services compétents et, le cas échéant, de prouver ses démarches par un écrit.  Entretemps nous continuons à aider cette personne.  D’autres qui essayaient d’obtenir un repas gratuitement, trouvent soudainement de l’argent dans leurs poches ou tenteront leur chance ailleurs.  Ce n’est pas seulement au Poverello qu’on essaie d’obtenir le maximum pour un tarif minimum.  Mais cela ne peut pas persister, ce ne serait pas sain et d’ailleurs injuste envers les gens qui paient. Nous rencontrons beaucoup de gens qui ont du mal à bien gérer leur argent.  Dans un bistrot ils rencontrent des amis, on boit un verre et encore un verre… et avant qu’ils ne le sachent, ils sont ivres.  Dans un pareil état ils sont facilement trompés ou volés.  C’est ainsi qu´en quelques jours on peut perdre tout le revenu du mois.  Si cela arrive régulièrement et que cette personne vient nous demander de l’aide, nous l’accueillerons à condition qu’elle accepte de faire verser son revenu sur notre compte.  Nous lui payerons alors la différence.  Il y en a aussi qui déposent chez nous le peu d’argent qu’ils ont pour que nous le gérions avec eux.

Puisque tout le monde est le bienvenu chez nous, il est tout à fait possible qu’il y ait aussi des gens qui ne vivent pas dans la pauvreté matérielle ou financière.  Nous ne savons pas toujours pourquoi telle ou telle personne vient au Poverello.  Il y en a qui passeraient la journée seuls, s’ils ne venaient pas chez nous.  Personne ne sait où ils habitent, personne ne leur adresse la parole.  Pour eux le Poverello est devenu un lieu où ils se sentent un peu chez eux, où ils viennent boire leur tasse de café ou prendre leur dîner.  Nous ne savons pas exactement ce qui les attire chez nous.  Peut-être se poseront-ils un jour la question : Pourquoi cet accueil ?  Pourquoi ces gens s’engagent-ils sans qu’ils soient récompensés financièrement ?  

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