Les personnes en difficulté nous apprennent-elles quelque chose ?

Souvent on les considère comme des gens qui ont échoué.  Sans idéaliser,  nous pouvons toutefois rencontrer chez eux des qualités que notre société a perdues.  Bien qu’ils soient les ‘faibles’, leur présence est une vive interpellation à notre société de consommation, qui a placé l’efficacité et la productivité au sommet de l’échelle de valeurs.

Nous pouvons apprendre d’un professeur comme d’un enfant, d’un manager comme d’un ouvrier, d’un athlète de haut niveau comme d’une personne handicapée en fauteuil roulant.  Quand il s’agit de devenir un homme heureux, qui d’entre eux sera notre maître ?

Quand ils arrivent à un point où ils ne sont plus capables de cacher leurs problèmes et leur misère, certains retrouvent la liberté d’être eux-mêmes.  Ils n’ont plus besoin de se cacher derrière une belle façade.  Ainsi peut-on trouver plus d’authenticité chez ces soi-disant ‘pauvres’ que dans certains milieux plus favorisés.  Leur confrontation avec leur vulnérabilité a été une dure leçon et a détruit leur masque.

Est-ce parce qu’on a appris à se connaître et à s’accepter avec ses bons et mauvais côtés, qu’il est alors plus facile d’accepter l’autre comme différent et de vivre ensemble ?

A-t-on appris à donner une valeur à des choses simples, parce qu’on a vécu dans la misère et la détresse, aussi bien sur le plan matériel qu’émotionnel ?  Quel contraste par rapport à notre société dans laquelle il est devenu un réflexe normal, même chez  les enfants, de vouloir toujours plus, d’aspirer à ce qu’on n’a pas encore en oubliant ce qu’on a déjà.

Est-ce parce qu’on a dû affronter tant de problèmes et de misères, qu’on ne laissera plus passer l’occasion d’une blague ?  Quelques fois on peut entendre : “Si nous ne pouvions plus rire, nous serions morts.”  Ou : “Que rapportent-elles, cette lamentation et cette tristesse ?”

Est-ce parce qu’on est tout seul, qu’il est plus facile de voir les autres comme des frères et des sœurs ?  Certains considèrent le Poverello comme leur unique famille.

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